« Quand il prend du cannabis, mon patient est soulagé »

Par , publié le 13/03/2013 à 18:51

Le Dr Ziegler défend l’usage du cannabis thérapeutique pour son patient atteint de myopathie, et condamné à une amende avec sursis par le tribunal de Belfort.

"Quand il prend du cannabis, mon patient est soulagé"

l’utilisation de cannabis peut parfois soulager des douleurs chez certains patients atteints de myopatihe.

Le Dr François Ziegler est chef du service de neurologie à l’hôpital de Belfort-Montbéliard. Devant un tribunal, il a pris la défense d’un de ses patients myopathes, qui fumait du cannabis pour soulager ses douleurs. Il s’en explique à L’Express.

Qu’est ce que qui vous a conduit à défendre devant un tribunal l’usage de cannabis à des fins thérapeutiques?

Mon patient souffre d’une myopathie particulière, appelée dermatopolymyosite, qui provoque chez lui des douleurs qui ne sont pas soulagées par l’arsenal thérapeutique classique, y compris des opiacés. En revanche, dans son cas précis la consommation de cannabis est efficace. Sur le plan thérapeutique.

N’y avait-il pas d’autres solutions médicamenteuses?

Il existe bien un médicament, le Sativex, un spray à base de cannabis, produit par un laboratoire pharmaceutique espagnol. Mais d’une part son utilisation est officiellement réservée aux cas de sclérose en plaques. Et d’autre part il n’est pas, à ce jour, autorisé en France alors que c’est le cas en Suisse et en Allemagne. Par ailleurs, le Marinol est également un cannabinoïde élaboré en laboratoire, mais son dosage est plus faible, c’est la raison pour laquelle il et moins efficace chez certains patients.

A titre personnel, êtes-vous favorable à la légalisation du cannabis?

Je ne suis pas un militant de la cause, loin de là. Je ne suis même pas un consommateur, fût-ce de façon occasionnelle! En outre, je sais bien que le cannabis a des effets toxiques sur le système nerveux central. Je pense néanmoins qu’il faut réfléchir à cette question sans a priori, surtout lorsqu’on songe aux bénéfices engendrés par le trafic et aux enjeux économiques qu’il a dans certains quartiers.

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