LE CBD, UNE PISTE POUR LES TSA

Kim UFCM Articles février 16, 2021

LE CBD, UNE PISTE POUR LES TSA

En avril 2018, des scientifiques du Centre Médical Shaare Zedek à Jérusalem, en Israël, ont publié les résultats d’une étude qui montre que les cannabinoïdes peuvent être efficaces pour soulager des problèmes de comportements chez les enfants atteints de troubles du spectre autistique (TSA) sévères. L’extrait de cannabis a été administré par voie orale avec un rapport de 20:1 (CBD:THC) à 60 enfants diagnostiqués de 5 à 18 ans, avec une moyenne d’âge de 11.8 ans.
 

UN TROUBLE NEUROLOGIQUE QUI RESTE MAL CONNU

Bien que de nombreuses théories existent, les causes de l’autisme ou troubles du spectre autistique (TSA) restent encore inconnus et le terme même de TSA est complexe à définir, car extrêmement varié. La première définition que l’on trouve sur l’autisme remonte à 1943, elle fut donnée par le psychiatre américain Léo Kanner qui le définit alors comme un trouble affectif de la communication et de la relation dont les parents ne peuvent être jugés responsables.
En 1950, Bruno Bettelheim, un psychologue américain d’origine autrichienne, rompt avec la conception de l’autisme vu par Léo Kanner et impose une vision psychanalytique issue des camps de concentration en comparant le repli autistique à celui des déportés pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette théorie désigne comme coupable la relation parent/enfant, elle a contribué à exclure les parents des traitements ainsi qu’à culpabiliser des générations de mamans.
 
« Tout au long de ce livre, je soutiens que le facteur qui précipite l’enfant dans l’autisme infantile est le désir de ses parents qu’il n’existe pas. » Bruno Bettelheim, La Forteresse vide.
 
Heureusement, de plus en plus de parents se tournent vers une approche dorénavant comportementale et pragmatique pour aider leurs enfants à trouver les outils nécessaires pour s’exprimer. Cette approche remet les parents au centre de la thérapie et considère que si l’enfant ne communique pas, ce n’est pas parce qu’il ne veut pas, mais parce qu’il ne peut pas.

DES TROUBLES ENVAHISSANTS DU DÉVELOPPEMENT (TED) AUX TROUBLES DU SPECTRE AUTISTIQUE (TSA)

L’acronyme TSA remplace peu à peu celui de TED (troubles envahissants du Développement). Bien que ces deux termes soient synonymes, le TSA remplace désormais : autisme, syndrome d’Asperger, TED non spécifié, etc. Ce changement de vocabulaire rend compte d’une nouvelle approche, celle de réunir ces troubles dans une même famille et de souligner une réalité bien plus large et hétérogène.
 
Les symptômes varient en effet d’une personne à l’autre et peuvent évoluer dans le temps. Les TSA se manifestent de différentes façons : par des troubles de la communication, des intérêts ou des comportements obsessionnels et répétitifs, de la phobie, de l’anxiété, une forte résistance au changement, de l’hypersensibilité sensorielle à la lumière, au son et au toucher. Certains troubles associés peuvent également être présents ou non : épilepsie, hyperactivité, trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), déficience intellectuelle, troubles du sommeil ou encore troubles alimentaire.
 
On estime qu’une naissance sur 100 est touchée soit près de 5 millions de personnes concernées dans l’Union européenne. Les chiffres montrent également que les garçons sont plus susceptibles d’être atteints que les filles à raison d’un ratio de 3 pour 1 .
 

L’ACTION DU CBD SUR LES TSA, UNE PISTE Á SUIVRE

Aujourd’hui, avec l’avancée de la neuroscience et de la recherche en génétique, nous pouvons confirmer que les TSA ne sont pas une affection psychologique ni une maladie psychiatrique, mais plutôt une façon d’être et de percevoir son environnement. Par définition, il n’existe donc pas de traitement. Néanmoins, le corps médical a développé et mis en place des programmes de comportement, d’éducation et d’apprentissage adaptés au cas par cas et met à disposition des médicaments pour contrôler les symptômes et les différents troubles.
 
Malgré les solutions déjà mises en place, les recherches se poursuivent. Le centre de recherche sur le cannabis médical de l’Université de Californie de San Diego (UCSD) a reçu le don le plus important de l’histoire des États-Unis dans le domaine du cannabis, soit 4.7 millions de dollars en 2018 pour étudier l’action du CBD sur l’autisme. Une étude clinique a d’ailleurs déjà commencé sur une trentaine d’enfants âgés de 8 à 12 ans tous diagnostiqués de TSA.
 
Si une telle somme a été allouée à cette recherche, ce n’est pas par hasard, mais parce que de nombreuses études préliminaires ont mis en évidence l’efficacité du cannabis pour améliorer le comportement et les capacités à communiquer des personnes atteintes.
 

CE QUE NOUS DIT LA RECHERCHE

“Une option de traitement prometteuse”

En avril 2018, des scientifiques du Centre Médical Shaare Zedek à Jérusalem, en Israël, ont publié les résultats d’une étude qui montre que les cannabinoïdes peuvent être efficaces pour soulager des problèmes de comportements chez les enfants atteints de troubles du spectre autistique sévères. L’extrait de cannabis a été administré par voie orale avec un rapport de 20:1 (CBD:THC) à 60 enfants diagnostiqués de 5 à 18 ans, avec une moyenne d’âge de 11.8 ans.
 
À la suite de ce traitement au cannabis, des améliorations notables ont été signalées sur les manifestations comportementales chez 61% des enfants. Les problèmes d’anxiété et de communications ont été grandement améliorés (39%) ou très améliorés chez 47% des enfants. Les comportements perturbateurs ont eux été améliorés de 29%. Les parents ont également déclaré moins de stress, à hauteur de 33%. Les auteurs ont conclu que :
 
“Cette étude préliminaire soutient la faisabilité du cannabis médical à base de cannabidiol (CBD) comme une option de traitement prometteuse pour les problèmes de comportement réfractaire chez les enfants atteints de TSA.”

Une carence pourrait contribuer à la déficience sociale des troubles du spectre autistique

Bien que l’origine des TSA reste encore inconnue, l’action positive des phytocannabinoïdes, comme le CBD, nous laisse penser que le système endocannabinoïde pourrait représenter une cible thérapeutique pour soulager les symptômes principaux et secondaires de ces troubles. Le cannabidiol (CBD) semble être en effet une solution à spectre large, non seulement il va agir sur le système endocannabinoïde, mais aussi sur l’homéostasie, en modulant des paramètres qui semblent déséquilibrés chez les personnes atteintes de TSA.
 
De nombreuses études cherchent à comprendre l’origine de ces troubles. La Stanford University aux États-Unis confirme par exemple que les enfants atteints de TSA auraient des concentrations plus faibles d’anandamide (un neurotransmetteur ligand du système endocannabinoïde) que les enfants en bonne santé. D’autres études réalisées à l’Université de Californie au département d’anatomie et de neurologie suggèrent que l’activation des récepteurs CB1 par l’endocannabinoïde anandamide améliore l’interaction sociale. Ces études concluent qu’une carence pourrait contribuer à la déficience sociale des troubles du spectre autistique.

Des taux anormaux de neurotransmetteurs

Une autre étude réalisée par l’Institut Nationale des troubles neurologiques et des maladies (National institute of neurological disorders and stroke aux États-Unis) a découvert que “les enfants atteints de TSA ont des irrégularités dans le cerveau et des taux anormaux de neurotransmetteurs”. C’est ce que confirment également les résultats d’études de l’Université de Stanford, qui constatent une faible concentration de sérotonine chez les personnes atteintes de TSA, un neurotransmetteur qui agit sur le système nerveux central et qui régule certains comportements comme l’humeur et l’émotivité.
 
Ces mêmes chercheurs affirment que certaines formes de TSA seraient aussi le résultat d’un manque d’endocannabinoïdes naturels dans le cerveau.
 
“Nos données suggèrent donc que la neuroligine-3 (une protéine) est spécifiquement requise pour la signalisation endocannabinoïde tonique, ce qui soulève la possibilité que des altérations de la signalisation endocannabinoïde puissent contribuer à la psychopathologie de l’autisme.”

La carence clinique en endocannabinoïde (CEDC)

Ces constats contribuent à donner une explication non exhaustive sur l’origine des troubles du spectre autistique et ont tous un lien étroit avec l’action du système endocannabinoïdes sur l’organisme. Le CBD favorise par exemple l’activité de ce système en stimulant notamment une enzyme Fatty acid amide Hydrolase (FAAH) responsable de la production et de la régulation des endocannabinoïdes par le corps. L’interaction du CBD avec notre système va donc entraîner à la fois l’augmentation des niveaux d’anandamide et aura aussi des effets sur le système nerveux central en stimulant notamment des neurotransmetteurs impliqués dans l’humeur et dans d’autres processus cognitifs.
 
La carence clinique en endocannabinoïde (CEDC), mentionnée par les chercheurs de l’Université de Stanford, provoquerait des perturbations impliquées dans de nombreuses pathologies. En cas de carence, les phytocannabinoïdes comme le CBD sont un apport externe naturel intéressant pour soulager la large palette des troubles du spectre autistique.
 

LE CBD, UN COUTEAU SUISSE POUR LE SOULAGEMENT DES TSA

Le CBD joue un rôle antidépresseur, grâce à la régulation des neurotransmetteurs noradrénaline et sérotonine. Il contribuerait par exemple à réduire certains des symptômes communs à cette condition notamment la dépression et la capacité de concentration.
Des effets positifs du CBD sur d’autres troubles associés comme l’épilepsie, le TDAH (trouble de déficit de l’attention / hyperactivité), les troubles du sommeil ou encore les troubles de l’alimentation sont rapportés indépendamment de la recherche sur les TSA.
 
À partir du mois de juillet 2018, les habitants du Minnesota auront l’autorisation d’utiliser du cannabis médical pour deux nouvelles conditions sur les onze déjà existantes : l’autisme et l’apnée du sommeil. Le Minnesota deviendra dans l’été, le 4e État à autoriser le cannabis pour soulager les symptômes des TSA.
@Article écrit par Kim Bercet, responsable communication.
SOURCES

 

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