Le cannabis médical fait peau neuve

P1010532

source journal metro

Le nouveau programme de cannabis médical qui remplacera en avril l’ancien programme fédéral ne sera pas sans conséquence pour les patients qui n’auront plus de permis pour faire pousser leurs propres plants. Mais il n’est pas sans avantage, non plus. État des lieux avec Adam Greenblatt, qui gère toujours un dispensaire de cannabis thérapeutique à Montréal, mais qui a ajouté une corde à son arc: celle de consultant.
Qu’est-ce qui va changer au niveau de la production?
Avant, Santé Canada faisait produire son propre cannabis médical dans une mine du Manitoba. Mais il était de mauvaise qualité. Avec le nouveau programme, Santé Canada abandonne cette pratique et délivre des certificats de production. Les directeurs et les employés doivent obtenir une accréditation de sécurité, le cannabis produit doit être analysé en laboratoire, les lieux doivent être sécurisés avec notamment des chambres fortes et les livres de l’entreprise seront analysés chaque année par des inspecteurs.
On voit vraiment naître une industrie légale alors?
Oui, en tant que consultant en cannabis, je conseille désormais plusieurs clients aux activités très variées. Il y a une compagnie de promotion, des grossistes, une entreprise pharmaceutique, des médecins, des horticulteurs. Je n’ai jamais vu autant de monde intéressé à investir dans le cannabis, le plus gros projet dont j’ai entendu parler fera même 40 000 pi2, c’est une vraie usine! On est en train de voir s’établir une infrastructure pour la production et la commercialisation de marijuana médicale qui va démontrer qu’en agissant ainsi, le ciel ne nous tombera pas sur la tête. Il ne restera plus ensuite que de légaliser la consommation pour les adultes comme le chef du parti Libéral Justin Trudeau l’a proposé.
Quels sont les bons et mauvais côtés du nouveau règlement?
La qualité va être bien meilleure, car il y aura plus de contrôle au niveau du taux de THC, de cannabidiol et surtout de moisissures, qui ont des effets très néfastes sur la santé. Le mauvais côté c’est qu’il est très coercitif pour les patients. Les produits comestibles sont interdits, donc un patient qui a le cancer du poumon ne sera pas desservi. En n’autorisant pas la vente au détail, on écarte les dispensaires tels que le nôtre qui jouent un rôle social et de conseil non négligeables. Enfin, la nouvelle formule va engendrer une hausse des coûts autour de 9 à 12$ le gramme soit 50 à 70% de plus qu’avant. Pour éviter une hausse de 900%, les plus pauvres qui ne pourront plus produire eux même leur cannabis médical, continueront quand même et risqueront ainsi de se faire arrêter.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *