Jean-Michel Baylet prône la vente du cannabis en pharmacie

Article paru dans libération vendredi 8 juin

Le président du Parti radical de gauche (PRG, Jean-Michel Baylet, le 5 août 2011. (Photo Frank Perry. AFP)

«Je considère qu’il faut légaliser le cannabis (…) Ma proposition, c’est de le vendre en pharmacie. C’est contrôlé, c’est de la bonne qualité et c’est dosé de façon un peu moins forte», a-t-il expliqué sur RTL.

Pour entendre l’interview, cliquez ici


«Trois raisons majeures» rendent nécessaire une telle légalisation, a argumenté Jean-Michel Baylet, en rappelant qu’il avait développé une telle position lors de la primaire socialiste pour désigner un candidat à la présidentielle. Cela «permettra de détruire cette économie souterraine mafieuse sur laquelle repose aujourd’hui la distribution du cannabis», a-t-il souligné.
Mais le trafic de cannabis, c’est aussi «des problèmes d’ordre public tout à fait considérables, non seulement dans les cités, les banlieues mais également dans les centres-villes et jusqu’aux petites villes et même dans les villages».
Et enfin, «c’est une question de santé publique. Aujourd’hui, il faut voir ce que l’on vend de cette manière-là. On vend n’importe quoi, y compris de la drogue trafiquée, frelatée». «Il faut légaliser le cannabis», a-t-il insisté.
Jean-Michel Baylet a estimé «possible» mais «pas certain» que le quinquennat qui s’ouvre puisse permettre d’avancer sur le dossier «tant je vois (…) de conservatismes et de clichés». Le président du PRG a assuré toutefois aussitôt qu’il ne visait pas là François Hollande ou Jean-Marc Ayrault.
Se targuant de vouloir être le «poil à gratter, même un peu plus, celui qui fait avancer les choses» dans une majorité de gauche, il a estimé que «se voiler la face, ce n'(était) pas la meilleure des solutions… Il faudra bien un jour ou l’autre avoir ce débat».
«Pas de majorité» pour la dépénalisation
Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a de son côté assuré vendredi sur BFMTV et RMC qu’il n’existe «pas de majorité» actuellement dans le pays ni au sein du futur Parlement pour soutenir une dépénalisation du cannabis.
«Je pense qu’il n’y a pas de majorité, ni dans le pays, ni dans le futur Parlement, pour approuver cette orientation», a dit le ministre qui était interrogé sur une éventuelle dépénalisation du cannabis, prônée par la ministre du Logement, Cécile Duflot. «Il n’est pas interdit d’en débattre (…) Il est parfois nécessaire d’avoir des débats qui impliquent les citoyens», a ajouté toutefois Arnaud Montebourg. Le ministre a réitéré son opposition personnelle à une telle évolution.
«Je n’ai aucune envie que les enfants de France, les miens comme les vôtres, puissent acheter du cannabis dans les supermarchés. Ce n’est pas ma vision de la société», a-t-il dit.
«Nous consacrons déjà des milliards pour lutter contre les addictions de l’alcool et du tabac, ce n’est pas pour libéraliser l’accès au cannabis», a-t-il souligné.

Pour voir l’article, cliquez ici

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *