Le CBD et les épilepsies

Kim UFCM Articles février 16, 2021

LE CBD COMME TRAITEMENT CONTRE L’ÉPILEPSIE

L’épilepsie est sans doute à l’heure actuelle le sujet médical qui a trouvé le plus d’échos dans la recherche sur le CBD (cannabidiol). Il est en effet l’un des rares sujets à avoir pu bénéficier d’autant d’essais cliniques, principalement regroupés sur le continent nord-américain. Les résultats de ces essais cliniques ont mis en avant les propriétés anticonvulsivantes du CBD.

PREMIER VIRAGE

Le début de l’année 2018 marque un tournant à la fois pour le secteur des cannabinoïdes en médecine et pour celui des épilepsies. La société britannique GW Pharmaceuticals a franchi un cap en déposant avec succès le premier médicament au CBD contre l’épilepsie, l’Epidiolex.  Alors validé par l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) aux États-Unis. Ce médicament a été conçu pour traiter des épilepsies résistantes et réfractaires.
 
Parmi les épilepsies résistantes, on compte le syndrome de Lennox-Gastaut, une encéphalopathie épileptique rare et sévère qui débute chez l’enfant entre l’âge de 3 et 10 ans.
Selon le docteur Orrin Devinsky de la New York University Langone Medical Centers, la deuxième phase d’essais clinique versus placebo de l’Epidiolex a rapporté des résultats positifs dans le traitement très difficile de ce syndrome. Cet essai a été mené sur un échantillon de 225 enfants. Les patients qui ont reçu l’Epidiolex à son plus fort dosage sont parvenus à une réduction moyenne mensuelle des crises de 42%, contre 37% pour ceux traités avec des doses plus faibles et 17% pour ceux traités par placebo.

REDUIRE LE FARDEAU DES CRISES

“Le CBD pourrait présenter des avantages en tant que traitement d’appoint pour les épilepsies réfractaires chez les enfants en réduisant le fardeau des crises épileptiques.”
C’est ce que déclarent les chercheurs d’une étude publiée en 2018. L’essai a été effectué sur un échantillon de 66 enfants atteints d’épilepsie réfractaire. Une dose quotidienne de 8 mg de CBD/kilogramme a été administrée à chacun, en plus des médicaments habituels. Les résultats sont plus que positifs pour 70% des enfants traités ; 48.5% ont eu une amélioration de plus de 50% de leurs crises et 21.2% ont vu leurs crises disparaître.
 
Une étude clinique contrôlée versus placebo, publiée en 2017 dans le New England Journal of Medicine, a également rapporté des résultats très encourageants. Notamment concernant les personnes atteintes du syndrome de Dravet, une épilepsie grave de l’enfant qui débute avant l’âge de 1 an. L’étude a été menée sur une période de 14 semaines, sur un échantillon de 120 enfants et jeunes adultes. La fréquence médiane des crises convulsives aurait chuté de 12,4 à 5,9 par mois pour le groupe traité avec le CBD, et de 14,9 à 14,1 seulement pour le groupe traité avec le placebo. De plus, 43% des participants ont vu une réduction de plus de 50% de la fréquence de leurs crises avec le CBD contre 27% avec le placebo. Quant à l’état général des participants, ceux sous CBD ont constaté une amélioration de 62% sur une échelle standard contre 34% pour le groupe traité par placebo.
 
 

INTERACTIONS ET PRÉCAUTIONS D’EMPLOI

Les auteurs d’une étude publiée en 2017 soulignent l’importance de considérer le cannabidiol comme un médicament. Par conséquent, ce dernier peut avoir des interactions avec d’autres médicaments. Notamment induire des changements significatifs dans les niveaux des agents actifs présents dans le sang ainsi que sur la qualité de la fonction hépatique de l’organisme.
Les auteurs de cette étude ont observé une différence significative des taux sériques des médicaments antiépileptiques comme le clobazam, le rufinamide, le topiramate, le zonisamide et l’eslicarbazepine. D’où l’importance de surveiller régulièrement ces différents niveaux sanguins pendant un traitement au CBD.
En effet, le cannabidiol (CBD) agit et interagit avec notre organisme et plus exactement avec notre système endocannabinoïde. Une fois qu’il est absorbé, le CBD inhibe l’activité de deux enzymes responsables de la dégradation des médicaments. C’est pourquoi une prise simultanée peut altérer l’action de ces derniers.
Le conseil serait de laisser 2 heures d’intervalle entre le CBD et les autres produits consommés pour limiter les interactions. Avec le clonazepam, un des principaux traitements d’urgence, il serait conseillé de laisser un intervalle encore plus important de 3, voire 4 heures.

UNE LISTE D’INTERACTION NON EXHAUSTIVE

L’étude a également permis de révéler que l’association du CBD et du valproate, un générique de Dépakine, semble faire augmenter les niveaux d’aspartate aminotransferase (AST) et d’alanine aminotransferase (ALT), deux enzymes spécifiques utilisées pour mesurer le fonctionnement du foie. Chez des personnes en bonne santé, les niveaux d’AST et d’ALT sont naturellement faibles. Les résultats montrent que chez un nombre très restreint de participants, soit 5 sur 81, ces niveaux sont trop élevés et indiquent une fonction hépatique anormale.
 
Maintenant que les propriétés bénéfiques du CBD ont été actées pour les épilepsies, c’est au tour des interactions médicamenteuses d’intéresser la recherche afin de nous permettre d’accroître notre connaissance et de mieux affiner cet intervalle à respecter entre chaque prise.
 
@Article écrit par Kim Bercet, responsable communication.
 
 
SOURCES

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *