Cannabis et maladie de Parkinson

Kim UFCM Articles février 16, 2021

AMÉLIORER LA QUALITÉ DE VIE DES PATIENTS ATTEINTS DE PARKINSON

De nombreuses études suggèrent que les cannabinoïdes, notamment le cannabidiol (CBD), pourraient participer à la lutte thérapeutique de la maladie de Parkinson en diminuant les symptômes et ainsi améliorer la qualité de vie tant recherchée par les patients.
 
Très handicapante, la maladie de Parkinson est le second trouble neurodégénératif le plus fréquent après Alzheimer. À l’échelle mondiale, elle est diagnostiquée chez plus de 300 000 personnes chaque année à l’âge moyen de 59 ans.
 
Les causes de cette maladie neurologique chronique dégénérative restent encore inconnues. Les scientifiques s’entendent pour dire qu’un ensemble de facteurs génétiques et environnementaux en seraient la cause, sans pour autant pouvoir les définir clairement.

PARKINSON, UNE MALADIE DU MOUVEMENT

 
Décrite par James Parkinson en 1817, c’est avant tout une maladie du mouvement qui affecte le système nerveux. Elle se caractérise par la disparition de certaines cellules nerveuses (neurones) indispensables à la création d’une substance chimique qui nous permet de contrôler nos mouvements. Sans cette substance les gestes du quotidien deviennent une véritable épreuve. Les symptômes de cette maladie ne sont pas les mêmes selon les personnes, il existe des symptômes moteurs souvent les plus connus du grand public : mouvements ralentis, tremblements, rigidité, etc. Et également des symptômes non moteurs moins connus et qui touchent pourtant plus de 60% des personnes atteintes de la maladie : problème de sommeil, hyper salivation, somnolence excessive, fatigue, douleur, etc.
 

CARACTÉRISÉ PAR LE MANQUE DE DOPAMINE

Cette maladie serait entre autres liée à la destruction des neurones dopaminergiques qui se situent dans une région particulière du cerveau, la substantia nigra (substance noire). Pour compenser le manque de dopamine dans le cerveau, les patients ont à leur disposition des médicaments comme la Levodopa ou L-dopa ainsi que des agonistes dopaminergiques pour aider à atténuer les symptômes de la maladie.
 
Cependant, de nombreux patients se plaignent que ces médicaments n’apportent pas de confort de vie et qu’ils ne sont pas toujours efficaces sur les symptômes non moteurs et non liés à des perturbations dopaminergiques. C’est sans compter les effets secondaires indésirables comme les mouvements anormaux ou dyskinésies, les troubles du contrôle des impulsions, etc. qui amènent chaque jour des milliers de patients à interrompre leur traitement.

DES PATIENTS ATTEINTS DE PARKINSON POURRAIENT TIRER PROFIT D’UN TRAITEMENT AUX CANNABINOÏDES

Selon une enquête menée par des scientifiques de l’Université de l’État du Colorado auprès de 595 participants (76% atteints de la maladie de Parkinson, 24% atteints de sclérose en plaques), les cannabinoïdes pourraient avoir des répercussions positives sur ces deux pathologies en améliorant l’humeur, la mémoire, la fatigue et les risques d’obésité. Les utilisateurs ont signalé une efficacité élevée des cannabinoïdes de 6,4 points sur une échelle de 0 à 7 et 59% ont déclaré réduire les médicaments d’ordonnance depuis le début de l’utilisation thérapeutique du cannabis.
 
Une autre enquête réalisée par des scientifiques de l’Université de Tel-Aviv, les patients qui souffrent de la maladie de Parkinson pourraient tirer profit d’un traitement au cannabis. D’après les chercheurs, le cannabis à usage médical améliorerait les symptômes de la maladie dans la phase initiale du traitement, et ne causerait pas d’effet secondaire indésirable majeur. Les patients ont également noté des effets d’amélioration sur les chutes, le soulagement de la douleur, la dépression, les tumeurs, les raideurs musculaires et le sommeil.
 
D’autres études conduites à l’Université de São Paulo au Brésil confirment un effet possible du CBD sur l’amélioration de la qualité de vie des patients atteints de la maladie de Parkinson. Ils ont entre autres découvert que la molécule pouvait aider les patients à contrôler les mouvements oculaires rapides (MOR) et donc soulager leurs nuits.

ET RÉSULTATS QUI MÉRITENT QU’ON POUSSE LA RECHERCHE

Bien que la recherche sur les cannabinoïdes à usage thérapeutique soit freinée par un manque d’essais cliniques, des études sur le modèle animal peuvent laisser entrevoir des explications à ce phénomène d’effets positifs sur les symptômes de la maladie de Parkinson.
Par exemple, deux études, l’une menée en 2013 et l’autre en 2015, ont démontré que l’activation des récepteurs 5-HT1A par le cannabidiol (CBD) chez la souris atténuait la catalepsie, caractérisée par la rigidité musculaire et la fixité de la posture. De même, ils ont découvert que l’activation des récepteurs CB2 présentait des effets neuro-protecteurs et anti-inflammatoires dans plusieurs cas de maladies neurodégénératives.
 
Si aujourd’hui rien ne semble prouver que les cannabinoïdes ont la capacité de soigner la maladie de Parkinson, de nombreuses études et retours d’expériences nous permettent de dire qu’ils peuvent apporter une alternative nouvelle intéressante à l’amélioration de la qualité de vie des patients.
 
@Article écrit par Kim Bercet, responsable communication.
 
SOURCES

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