CANADA: Le cannabis thérapeutique passe au privé

Le cannabis thérapeutique passe au privé

Par Mathias Marchal Métro, pour voir l’article, cliquez ici
Denis Beaumont/Métro Adam Greenblatt, fondateur de la Société pour l’accès au cannabis médical

Le gouvernement revoit de fond en comble son programme de cannabis thérapeutique et comptera désormais sur des producteurs homologués.

Dans un communiqué de presse publié lundi, le gouvernement indique que Santé Canada cessera, d’ici avril 2014, de produire du cannabis médical, dont la qualité était jugée mauvaise par plusieurs.

Pour les milliers de bénéficiaires souffrant de sclérose en plaques, de cancer ou d’autres maladies, le processus de demande sera simplifié. «En vertu du nouveau régime, les particuliers n’auront pas à fournir de renseignements médicaux personnels à Santé Canada. Les professionnels de la santé pourront signer un document médical permettant aux patients d’acheter une quantité requise pour traiter leur problème de santé, directement auprès d’un producteur autorisé», indique Santé Canada.

Le nouveau programme s’appuiera sur un réseau de producteurs homologués. Ces derniers devront se conformer à plusieurs normes d’hygiène et de sécurité et notamment tenir des registres de vente, de stockage et de production.

En outre, la production à des fins personnelles ou à titre de personne désignée prendra fin le 31 mars 2014. Selon le gouvernement, cette mesure avait été à l’origine de trop d’abus. Pour la première fois aussi, des infirmiers pourront prescrire du cannabis thérapeutique. Toutefois, ce ne sera pas le cas au Québec, car si les infirmières peuvent prescrire des narcotiques depuis novembre 2012, la marijuana n,est pas incluse dans la liste.

La Société pour l’accès au cannabis médical (SACM) se félicite de la simplification du processus et de l’établissement de normes de production, mais dénonce plusieurs aspects du nouveau règlement. «Le cannabis devra juste être envoyé par la poste, ne pourra être mis en vitrine et vendu au détail, ce qui limite tout l’aspect social et éducatif des dispensaires de cannabis médical», indique Adam Greenblatt, fondateur de la SACM, dont les bureaux sont situés dans Saint-Henri, à Montréal.

Il déplore aussi la fin prochaine des permis personnels de production. «Ils permettaient à ceux qui n’en avaient pas les moyens d’obtenir 1g pour 1$, alors que le cannabis de Santé Canada se vend 5$ par gramme. Avec le nouveau programme, les coûts pourraient s’élever à environ 10$ par gramme», selon lui. En Colombie-Britannique plusieurs usagers prévoient déjà de contester la révocation des permis personnels.

Même son de cloche négatif du côté des médecins, mais pour d’autres raisons. «Le fait de déléguer au médecin le pouvoir de donner accès à un produit illégal, pour lequel aucune indication médicale n’est adéquatement documentée à ce jour, aurait pour effet d’exposer le médecin à des risques juridiques et sociaux non négligeables», indique le Dr Charles Bernard, président-directeur général du Collège des médecins, «qui déplore le désengagement de Santé Canada».

«Le fait de demander aux médecins de prescrire des substances qui n’ont pas subi de tests cliniques est contraire à la formation et à l’éthique [des médecins]», a déclaré, quant à elle, Association médicale canadienne dans un communiqué, lundi soir.

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