A BELFORT : LE COMBAT DE DOMINIQUE, ATTEINT DE MYOPATHIE SOIGNÉ (ENFIN) AU CANNABIS ?

Des médicaments au cannabis pour soulager les douleurs des malades atteints de sclérose en plaques, du sida, voire du cancer, pourraient être prescrits en toute légalité.

article publié dans Est Republicain, pour voir l’artilce, cliquez ici
  • Photo Christine Dumas

Belfort. Considéré comme stupéfiant et, pour cette raison, interdit à la détention et la consommation, le cannabis devrait incessamment entrer dans la composition de médicaments antidouleur pour les malades français atteints de lourdes pathologies.

Une révolution saluée par les intéressés qui ne cessent de clamer ses bienfaits, risquant des amendes ou des peines de prison lorsqu’ils se font prendre.

L’annonce a fait l’effet d’une bombe. Mais il était temps. Dans le domaine, la France est le seul pays actuellement à considérer le cannabis thérapeutique comme illégal. Alors que partout ailleurs en Europe, il est légalisé ou toléré.

Désormais, la fabrication et la vente de médicaments à base de cannabis seront autorisées, suite à la publication d’un décret au Journal officiel le 8 juin dernier. Et si dans l’immédiat (les patients atteints de sclérose en plaques s’en doutent, mais ils ont tant attendu) aucun produit ne sera disponible dans les pharmacies, des médicaments tels que le Sativex (Bayer) ou le Marinol pourraient apparaître bientôt sur le marché français. Reste à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) de délivrer l’autorisation de mise sur le marché.

A Belfort, Dominique Loumachi, la petite quarantaine, atteint de myopathie depuis l’âge de 9 ans et condamné par le tribunal correctionnel le 13 février dernier pour usage et détention de cannabis (400 euros d’amende avec sursis), porte son combat comme un étendard.

« Notre problème sera maintenant pris au sérieux »

Depuis trente ans, son état s’affaiblit. Assorti de nombreuses souffrances : asthénie, problèmes musculaires, cardiaques, de vue, des érythèmes avec inflammations et des nécroses. Cette nouvelle est donc un soulagement. Mais sans elle, il aurait continué à se battre « jusqu’au bout ». « L’amende que le tribunal de Belfort m’a infligée n’est qu’une peine de circonstance, mais je ne peux l’accepter », dit-il. « Nous sommes des malades, non des toxicomanes. Nous ne réclamons pas la dépénalisation du cannabis, mais le droit à la santé et à la dignité. » Lui qui accuse la médecine de l’avoir utilisé comme « cobaye ». Lui, l’enfant de la DASS, qui expérimente dès l’âge de 16 ans des médicaments, « de véritables bombes avec 75 effets secondaires ». De la Ciclosporine pour calmer la douleur mais qui « a tapé » sur son système nerveux («Mon esprit et mon corps ne fonctionnaient plus, on m’a placé en centre psychiatrique »). Lui qui, aujourd’hui, pallie ses douze cachets de codéine par jour par des prises de cannabis pour soulager ses terribles douleurs…

« Notre problème sera maintenant pris au sérieux », pense Dominique Loumachi. Qui a subi trois attaques cardiaques et deux pulmonaires. « Les gens ne nous considéreront plus de la même manière. Ce que nous réclamons, c’est un état de nécessité. »

Au tribunal correctionnel, son défenseur, Me Jean-Charles Darey, avait brandi l’ordonnance du neurologue de son client, Dr Ziegler, chef de service au CHBM, justifiant que « le cannabis peut être bénéfique en traitement adjuvant de la douleur neurologique ».

2 thoughts on “A BELFORT : LE COMBAT DE DOMINIQUE, ATTEINT DE MYOPATHIE SOIGNÉ (ENFIN) AU CANNABIS ?

  1. cath

    De la Ciclosporine pour calmer la douleur ?? Le prescripteur avait fumé, et de la bonne !

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