Il existe de nombreuses preuves montrant l’amélioration de l’endormissement et de la qualité du sommeil par les cannabinoïdes. Lors d’une étude conduite dans un centre de soins sur plusieurs semaines, les personnes consommatrices régulières de cannabis ont été moins actives et ont dormi davantage lorsqu’elles consommaient beaucoup de cannabis, par rapport aux jours où elles en consommaient moins (Babor, 1976).
Les propriétés somnifères du cannabis sont connues depuis plusieurs siècles et sont utilisées pour traiter les troubles du sommeil. Cependant, il faut souligner que les résultats varient selon les personnes. C’est ainsi que Bernhard Fronmüller, médecin-chef à l’hôpital de Fürth (Allemagne), avait présenté une étude en 1869, conduite auprès de 1000 patients souffrant de divers troubles du sommeil. Les sujets ont reçu des traitements à base de diverses substances narcotiques, dont le cannabis. Les résultats concernant un produit extrait du cannabis ont révélé 53 % d’effets positifs, 21,5 % de bienfaits partiels et 25,5 % sans aucun effet. Au cours du XIXe siècle, des produits à base de cannabis étaient déjà prescrits sans hésitation contre l’insomnie du troisième âge.
Les propriétés sédatives des cannabinoïdes sont souvent qualifiées d’effets secondaires indésirables. Par exemple, dans une étude californienne, conduite auprès de patients souffrant de nausées et de vomissements liés à une chimiothérapie contre le cancer, 52 % des sujets qui ont reçu du cannabis et 64 % de ceux ayant pris du Dronabinol (THC), ont signalé l’apparition d’états de fatigue comme un effet secondaire du traitement (Musty, 2001). Les auteurs d’une synthèse d’études sur le bénéfice antiémétique des cannabinoïdes ont désigné certains des effets secondaires comme étant des « effets secondaires fortement utiles », notamment les effets sédatifs, engourdissant et euphoriques. Très souvent des agitations intérieures et des insomnies sont induites par une maladie grave (Tramer, 2001). Selon ces résultats, on peut conclure que les effets sédatifs se manifestent chez près d’un consommateur de cannabis sur deux.
Cependant, en choisissant un moyen thérapeutique pour lutter contre les troubles du sommeil, il est préférable de n’avoir recours tout de suite ni aux somnifères, ni au cannabis, mais plutôt d’essayer de résoudre le problème différemment, par exemple au moyen d’une meilleure hygiène de vie, de méthodes de relaxation ou d’autres pratiques. Dans le cas contraire, l’habitude d’utiliser ces substances s’installent rapidement, tandis que les problèmes à la base ne sont toujours pas résolus.

 Laissez une réponse

  • (Se sera pas publier)