Le manque d’appétit et la perte de poids qui en découle, sont des symptômes liés à de nombreuses maladies graves comme le cancer, le sida et l’hépatite C. L’amaigrissement marque une aggravation de la maladie et affaiblit l’état du patient. Ces raisons sont suffisantes pour agir, même indépendamment de la maladie principale.
Pour cela, divers mécanismes sont connus dans lesquels les cannabinoïdes peuvent être bénéfiques. Le système canna-binoïde endogène, localisé dans l’hypothalamus, fait partie du système cérébral fortement complexe qui contrôle l’appétit. Les leptines, hormones protéiques, jouent le rôle réducteur de l’appétit, contrairement à celui des endocannabinoïdes qui offre des effets stimulateurs de celui-ci. Les leptines sont libérées dans le tissu adipeux sous l’impulsion du gène responsable de l’obésité. Ces hormones jouent également un rôle important dans le trouble de l’obésité.
L’effet stimulateur de l’appétit observé avec les cannabinoïdes peut être expliqué en partie par le fait qu’ils offrent une meilleure perception du goût des aliments et, de ce fait, ces derniers seront consommés avec plus de plaisir. Au cours de nombreuses maladies, accompagnées d’une perte de l’appétit, un véritable sentiment de dégoût envers la nourriture est fréquemment ressenti par les patients. Il est donc intéressant de constater que de nombreux récepteurs cannabinoïdes se situent dans les intestins et que, lorsque la sensation de faim se manifeste, le nombre d’endocannabinoïdes augmente dans cette partie du corps. En revanche, après avoir mangé, la concentration d’endocannabinoïdes se normalise de nouveau. Cela signifie que de tels mécanismes périphériques participent également à la régulation des sensations physiologiques, comme la faim ou l’impression de satiété.
L’effet stimulateur du cannabis sur l’appétit est connu depuis longtemps. Ainsi, le pionnier des recherches sur l’usage médical du cannabis, l’écossais Sir W. O’Shaugnessy, a décrit « une augmentation spectaculaire de l’appétit » dans un ouvrage publié entre 1838 et 1840, comme un effet secondaire chez l’ensemble des patients ayant reçu un traitement à base de teinture de cannabis. Quant aux effets du cannabis dans le traitement des troubles gastro-intestinaux, ils ont été résumés en 1890 par le médecin français, le Dr G. See : « Le cannabis offre un effet constant de suppresseur de la douleur et de la reprise de l’appétit, peu importe la cause des troubles ».
Au début des années soixante-dix, les recherches sur les effets du cannabis se sont amplifiées en raison du phénomène croissant de consommation de cannabis parmi les adolescents et les jeunes adultes. Quelques-unes de ces études ont révélé également l’effet stimulateur sur l’appétit du cannabis et les chercheurs se sont mis à en rechercher les causes. Une étude a été réalisée sur l’action du cannabis sur la prise de poids et sur l’assimilation des calories chez deux types de consommateurs de cannabis, des consommateurs réguliers et des consommateurs occasionnels (Greenberg, 1976). Au sein des deux groupes, les observations ont révélé une prise de poids chez tous les sujets, notamment au cours des cinq premiers jours d’observation, sur une durée totale de vingt-et-un jours. Lors d’une étude menée sur vingt-cinq jours, une autre équipe de recherche a rapporté une meilleure assimilation des calories chez les consommateurs de cannabis, surtout lorsqu’ils prenaient de petites collations entre les repas et que les sujets se trouvaient dans un contexte social favorisant la consommation de cigarettes de cannabis.
Par ailleurs, de nombreux témoignages de consommateurs de cannabis soulignent que le goût des aliments et des boissons est meilleur sous l’influence du cannabis et que même la nourriture de tous les jours peut se transformer en véritable délice culinaire.
Certains auteurs pensaient que le THC du cannabis était à l’origine d’une baisse du taux de glycémie stimulant ainsi l’appétit. Une étude conduite il y a plus de cinquante ans auprès de 62 volontaires, a montré que le cannabis n’influençait pas de manière significative, le taux de glycémie (Allentuck, 1944). Parmi les personnes testées, 18 personnes n’ont enregistré qu’une faible baisse du taux de glycémie, 36 une légère augmentation et 8 autres aucune variation. Par conséquent, le mécanisme par lequel le cannabis augmente l’appétit n’est pas encore connu avec certitude. Il est néanmoins probable que le THC agisse au niveau des centres nerveux régulant le sentiment de faim et de satiété.
Une telle stimulation de l’appétit peut aussi être utilisée dans le traitement de diverses maladies. Dans le cas de cancers avancés, les besoins énergétiques, tout comme les exigences métaboliques, augmentés par la croissance des tumeurs, sont épuisants pour l’organisme. Les malades du sida souffrent plutôt d’un manque d’appétit qui est à l’origine de l’important amaigrissement. On parle alors du syndrome d’amaigrissement lié au sida, ou Aids-Wasting-Syndrom. Chez ces mêmes malades, on pourra également rechercher l’effet calmant exercé par le THC sur les nausées et les vomissements.

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