Un autre domaine de recherche sur les cannabinoïdes concerne les maladies cardio-vasculaires. Des scientifiques de l’université de Würzburg (Allemagne) ont mené des tests sur des rats chez qui un infarctus du myocarde avait été déclenché. Plusieurs symptômes liés à l’insuffisance cardiaque ont pu être évités chez ces animaux grâce à l’administration quotidienne d’un cannabinoïde (Wagner, 2003). L’insuffisance cardiaque est une conséquence grave possible d’une crise cardiaque ou d’autres maladies du coeur. Elle se manifeste lorsque le coeur perd progressivement sa fonction de pompage. Chez les rats, elle s’est développée en moyenne au cours des douze semaines qui ont suivi la crise cardiaque. Le traitement à base de cannabinoïdes, après un infarctus du myocarde, a empêché une chute de la tension artérielle ainsi qu’un dysfonctionnement des artères (dysfonctionnement endothélial). En parallèle, ce traitement a augmenté la pression de remplissage du ventricule gauche, qui, si elle reste trop faible, peut avoir à long terme des conséquences néfastes sur la santé. « En conclusion, le système endocannabinoïde et les cannabinoïdes peuvent être utiles dans la perspective d’une thérapie après un infarctus du myocarde », a-t-il été conclu dans un article paru dans le British Journal of Pharmacology au sujet de l’étude menée par les chercheurs de Würzburg.
Des chercheurs anglais et américains travaillent également sur des substances pouvant être utilisées à des fins thérapeutiques et qui influenceraient le système cannabinoïde naturel pour traiter les maladies cardio-vasculaires. Un domaine prometteur concerne l’usage des cannabinoïdes dans le traitement de l’hypertension. D’après une étude menée à l’université de Nottingham, Angleterre, publiée en 2009, l’endocannabinoïde anandamide et un cannabinoïde synthétique (WIN55,212-2) ont réduit l’hypertension chez des rats hypertendus artificiellement par l’administration d’une substance nocive. Ces effets ont été associés à une vasodilatation des artères. Chez les rats normaux, les cannabinoïdes n’ont provoqué aucune de baisse de tension artérielle (Ho, 2009).
Un membre de l’Association pour le Cannabis Médical, qui a d’abord fait l’expérience des effets antalgiques du cannabis, a témoigné à ce sujet. « Depuis environ dix ans, je consomme du cannabis pour lutter contre les douleurs au niveau des articulations talo-calcanéennes (articulatio talocalcanea) et du genou. Après avoir observé une atténuation de mes douleurs, j’ai arrêté le cannabis pendant plus d’un an. Une tension artérielle supérieure à la normale m’a alors été diagnostiquée. J’avais fréquemment 27/16 de tension. Malgré de nombreux traitements conventionnels (ebrantil, cynt, beloc, nebilet, delix, norvasc) ainsi qu’un régime alimentaire adapté, ma tension restait toujours élevée à 16/10. C’est alors que j’ai recommencé à consommer du cannabis. Je le fume, j’en fais du thé et, de temps en temps, je le mélange aux ingrédients quand je confectionne des gâteaux. Grâce aux effets du cannabis, ma tension s’est stabilisée à 13,5/7,5. Je mes sens de nouveau bien et hormis quelques restrictions, j’ai pu reprendre le travail. Quant aux traitements médicamenteux, j’ai pu réduire considérablement les doses depuis, et je suis persuadé que dans quelques temps, je n’en aurai plus besoin du tout ».
En règle générale, la prudence est de mise face à des témoignages comme celui-ci puisqu’il n’est pas exclu qu’une réelle baisse de la tension aurait pu se produire sans consommation de cannabis. Des études futures nous diront si les cannabinoïdes représentent une alternative thérapeutique intéressante dans le domaine des maladies cardio-vasculaires.

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