Aux États-Unis, les médias ont largement relayé un fait divers de décembre 2001. Le juge d’un tribunal californien avait en effet rejeté la demande déposée par les services des affaires sociales qui demandait de retirer l’autorité parentale à une mère, dont ils avaient appris qu’elle confectionnait des gâteaux contenant du cannabis pour soulager les troubles importants dont souffrait son fils de huit ans. Les services sociaux jugeaient que cette mère n’était pas capable de s’occuper correctement de son enfant. Elle s’était défendue en déclarant qu’elle lui administrait du cannabis sur le conseil de son pédiatre car les médicaments classiques n’étaient pas suffisamment efficaces. Après avoir essayé le cannabis, elle avait constaté d’importants changements dans le comportement de son fils : ses troubles d’humeur avaient diminué, sa capacité de concentration s’était améliorée et il s’était lié d’amitié avec d’autres enfants.
Des scientifiques du Département de Médecine Routière et Légale de l’Université de Heidelberg, Allemagne, ont étudié les effets du cannabis sur les fonctions de conduite routière d’un homme âgé de 28 ans atteint de TDAH (Strohbeck-Kuehner, 2007). Il avait été verbalisé à plusieurs reprises et son permis de conduire lui avait été retiré pour conduite sous l’effet du cannabis. Il présentait un comportement impulsif et manquait d’attention lors du premier examen avec un psychiatre. Il fut autorisé à suivre un test de conduite routière sous l’influence du Dronabinol (THC) que son médecin lui avait prescrit pour soulager ses symptômes. L’examinateur s’attendait à ce qu’il ne soit pas capable de conduire sous l’influence du médicament à base de cannabis. A la seconde consultation, son comportement était beaucoup moins impulsif. Les résultats aux tests de réactions, attention soutenue, orientation visuelle, perception de la vitesse et attention divisée se sont avérés dans la moyenne voire au-dessus. Une prise de sang, réalisée après le test, a révélé un taux de THC très élevé dans le sérum sanguin (71 ng/ml). Le patient avoua par la suite qu’il avait fumé du cannabis à la place de prendre son traitement de Dronabinol, celui-ci étant trop coûteux et non remboursé. Les scientifiques ont noté que « statistiquement, les personnes atteintes de TDAH violent plus souvent le code de la route, commettent plus souvent des actes criminels, et sont plus souvent impliqués dans des accidents de la route mortels » et conclurent que « chez les personnes atteintes de TDAH, il est nécessaire de prendre en compte les effets atypiques du cannabis, notamment sur l’amélioration de la conduite routière ».
Les premiers symptômes du TDAH peuvent apparaître dès la scolarisation, voire avant, et être accompagnés ou non d’hyperactivité. Les personnes souffrant de TDAH rencontrent, entre autres, des difficultés à rester assises tranquillement, à agir méthodiquement, à terminer un travail commencé ou à être pleinement conscientes de ce qui se passe autour d’elles. Vu de l’extérieur, elles apparaissent comme des coups de vent, totalement désordonnées. Les symptômes d’hyperactivité disparaissent souvent à l’adolescence mais certains adultes continuent, souvent sans le savoir, de souffrir de divers troubles dans leur vie quotidienne.
En 2008, j’ai reçu le message d’un patient français atteint de TDAH. Après une psychanalyse de 4 années, le patient avait finalement été diagnostiqué TDAH par plusieurs psychiatres. Voici son témoignage : « Il y a quelques mois, j’ai consulté un septième psychiatre, dit comportementaliste, et celui-ci m’a diagnostiqué un trouble de l’hyperactivité TDAH. Plus tard, ce trouble m’a été confirmé par un autre pédopsychiatre spécialisé. J’avais déjà ce trouble étant enfant mais celui-ci était totalement refoulé, créant chez moi, en grandissant, de multiples symptômes, incluant des tendances alcooliques, suicidaires et dépressives, ainsi qu’une très forte anxiété et un profond mal-être. J’ai aussi développé divers problèmes de gestion émotionnelle qui, sous l’effet des alcools forts et du Valium®, m’ont conduit une semaine en hôpital psychiatrique. Le diagnostique de mon trouble m’a permis de comprendre pourquoi je consommais du cannabis depuis près de 14 ans. Le cannabis a en réalité de multiples effets bénéfiques sur moi. Il m’aide principalement à lutter contre les tendances dysphori-ques et une hyper-anxiété (onychophagie) que je ressens chaque jour dès le matin. Ensuite, il permet, lorsque je sens monter mon taux d’adrénaline et mon agressivité, de me calmer très rapidement. Enfin, comme je fonctionne trop vite, et que j’ai souvent trop d’idées en tête, il calme mon trop plein d’activité cérébrale et je peux alors mieux me focaliser et travailler plus efficacement. Pour autant, bien que consommant depuis longtemps entre 1 et 2 g de cannabis par jour, j’estime ne pas souffrir d’effets secondaires qui justifieraient de changer pour un autre traitement comme des psychostimulants ».

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