Une autre application des produits dérivés du cannabis peut être le traitement de la migraine et d’autres types de céphalées, dont la céphalée vasculaire de Horton. Cependant, en ce qui concerne cette dernière, il convient d’ajouter qu’aucune étude clinique n’est disponible à ce jour, bien que de nombreux patients tirent profit des effets du cannabis. La migraine se caractérise par une douleur intense n’affectant souvent qu’un seul côté et qui persiste pendant des heures, voire des jours. Elle peut être accompagnée de troubles de la vision, de nausées et de vomissements. Chez de nombreuses personnes souffrant de migraines, les crises s’annoncent par des signes précurseurs, appelés également aura. C’est surtout grâce à des témoignages du XIXe siècle que nous savons que l’utilisation du cannabis est très efficace dans le traitement de la migraine, notamment quand il s’agit d’empêcher une crise dès l’apparition des premiers signes. « Avant la découverte de l’antipyrine et de ses équivalents, c’étaient la teinture de gelsemium et la teinture d’extraits de cannabis qui étaient les remèdes les plus efficaces pour traiter la migraine », a décrit le professeur Hobart Amory Hare dans un manuel paru au début du XXe siècle (Hare, 1922).
Dans une étude conduite en 1985, Volfe et al. ont démontré que le THC empêchait la libération de la sérotonine des plaquettes sanguines chez un patient en pleine crise de migraine. En revanche, en dehors des crises, aucune présence d’antagoniste de la sérotonine n’a pu être relevée. L’équipe a donc supposé que le cannabis, en plus de son effet analgésique, pouvait être bénéfique dans le traitement des migraines. Chez 60 à 85 % des patients atteints, une libération anormale de la sérotonine a été observée. A cela s’ajoute la propriété antiémétique du cannabis, également très bénéfique dans de nombreux cas. Le témoignage suivant m’a été envoyé par une personne souffrant de migraines. « Depuis mon enfance, je souffre de crises migrai-neuses avec aura, sans autre symptôme particulier. (…) À l’âge de 18 ans, j’ai fumé pour la première fois du cannabis. Pour tester si l’état de relaxation alors ressenti pouvait se reproduire lors d’une de mes crises, j’ai fumé au moment où une forte crise migraineuse s’annonçait. Au bout de la troisième inhalation, un léger affaiblissement de l’aura et du phénomène lumineux s’est produit, bien que d’habitude ces deux signes persistent parfois au-delà des maux de tête. Au bout d’une heure, j’ai remarqué que la crise était nettement moins intense. Comparée aux crises habituelles d’environ dix heures, celle-ci n’a duré que quelques heures. Quel miracle! Je suis sceptique de nature et je ne crois pas aux miracles ! Alors j’ai essayé de renouveler l’expérience. Aujourd’hui, c’est-à-dire quelques années plus tard, je peux affirmer que le cannabis diminue non seulement l’intensité mais aussi la durée de mes accès migraineux. Je consomme régulièrement du cannabis en fin de journée et depuis deux, voire trois années, la fréquence des crises migraineuses a diminué de plus de la moitié. Par contre, lorsque j’ai interrompu pendant six mois mon traitement avec le cannabis, les crises se sont à nouveau amplifiées ».

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