Modes d’administration de produits à base de cannabis

En ce qui concerne l’administration de produits à base de cannabis, les novices rencontrent souvent de nombreuses incertitudes. Le rôle de cette rubrique est d’exposer la meilleure façon d’absorber du cannabis afin d’éviter au mieux les effets secondaires indésirables. En règle générale, il est conseillé de commencer le traitement à un dosage modéré, voire faible, avant de l’augmenter progressivement, chaque jour, voire tous les deux jours, jusqu’à l’obtention de l’effet recherché. Cette phase exploratoire est indispensable pour tirer le meilleur bénéfice thérapeutique du cannabis et l’appliquer de la façon la plus sûre.

Différents modes d’absorption

Les produits dérivés du cannabis sont généralement ingérés (voie orale), assimilés sous la langue (voie sublinguale), fumés ou inhalés (voie respiratoire). Il existe d’autres moyens d’absorption, peu communs et seulement étudiés dans le cadre d’essais cliniques, comme les suppositoires, la perfusion, les applications cutanées ou le collyre dans le traitement du glaucome.

Voie respiratoire

Après avoir fumé ou inhalé du cannabis, les effets se manifestent beaucoup plus rapidement qu’après l’avoir ingéré. C’est la raison pour laquelle la plupart des patients choisissent ce mode d’absorption, qui leur permet notamment de mieux doser l’effet du cannabis. Cet effet se manifeste au bout d’environ cinq minutes. Il atteint son maximum vingt à trente minutes après le début de la prise et disparaît environ après deux à trois heures. Un avantage supplémentaire de l’absorption par voie respiratoire par rapport à la prise orale est celui d’une meilleure absorption thérapeutique des cannabinoïdes. Si le cannabis est fumé, près de 15 à 25 % du THC contenus dans la cigarette passent par le sang, le reste étant perdu par les voies parallèles et lors du processus de combustion.

Le principal inconvénient de fumer est l’irritation et la lésion des muqueuses par les produits de combustion du matériel végétal brûlé.

Le cannabis peut être fumé soit en roulant une cigarette de cannabis (appelée également joint) soit en utilisant une pipe ou de nouveaux appareils spécialement conçus à cet effet. Lorsque la personne fume une cigarette de cannabis, elle absorbe une quantité importante de substances toxiques. L’utilisation d’un filtre à cigarette ne protège malheureusement pas des produits nocifs puisqu’il retient davantage les cannabinoïdes que le goudron. Les cigarettes de cannabis sont souvent constituées d’un mélange de tabac, de cannabis sous forme végétale, ou de haschich. Ce mélange est ensuite roulé dans du papier à cigarette ordinaire ou dans des feuilles plus grandes conçues pour cet usage.

Lorsqu’une pipe à eau est utilisée, la fumée, avant d’être inhalée, traverse l’eau qui permet de la refroidir pour l’inhaler ensuite plus profondément. Comme c’est le cas avec les filtres à cigarettes, la quantité de produits nocifs est réduite, mais également la concentration en cannabinoïdes. De plus, la cigarette de cannabis simple, sans filtre, offre un meilleur rapport cannabinoïdes/carcinogènes que la pipe à eau, c’est-à-dire est moins cancérigène.

Du point de vue de la santé, la solution de la petite pipe, qui permet de fumer le cannabis pur, semble être la moins nocive. Grâce à son utilisation, moins de produits toxiques sont inhalés puisque le cannabis, ou le haschich, sont fumés purs. Ces pipes spéciales permettent de réduire la concentration en substances toxiques. Ces dernières se déposent sur le métal dont est fabriquée la pipe. Le nettoyage des parois est très facile. Il suffit d’essuyer les parois avec un bout de coton imbibé d’acétone ou de mettre la pipe dans le lave-vaisselle.

En termes de santé, la meilleure technique consiste finalement à inhaler le cannabis à l’aide d’un inhalateur (ou vaporisateur). Des appareils spéciaux sont disponibles dans le commerce depuis quelques années. Le cannabis est chauffé à environ 180°C à 200°C, permettant l’évaporation et l’inhalation des cannabinoïdes et des huiles essentielles sans brûler la matière végétale. La combustion de celle-ci ne se produit qu’à partir de 230°C. Grâce à cette technique innovante, on évite la formation de produits de combustions fortement nocifs. Il est important de veiller à ce que l’appareil atteigne et maintienne réellement 180°C à 200°C au niveau du réservoir. D’importantes variations de température ont été observées avec différents appareils, notamment à cause de la circulation de l’air lors du processus de vaporisation.

Volcano vaporisateur. Source, Storz-Bickel

Volcano vaporisateur

L’inhalation par vaporisation

Vaporisateur Volcano – Plusieurs équipements sont commercialisés permettant de vaporiser (élévation de température au delà de la temprature de vaporisation) les cannabinoïdes (Ex : THC : 160/170°C), permettant ainsi de les inhaler sans les risques liés à la combustion [8]. Grâce à ces vaporisateurs performants, l’usage de cannabis par vaporisation tend à se développer. Il se développe également dans le domaine de la Phytothérapie.

Lien: http://www.storz-bickel.com/vaporisateur-fr/vaporisation-methode-aromatherapie.html

Voie orale

Lorsque le cannabis est absorbé par voie orale, les effets se manifestent plus tard que lorsqu’il est fumé ou inhalé, au bout de trente à quatre-vingt-dix minutes, parfois même après deux heures. Les effets durent cependant plus longtemps, près de quatre à six heures, et plus longtemps encore si le dosage est très élevé. L’intensité des effets diminue ensuite progres-sivement.

Bien qu’absorbé en premier lieu par l’estomac et les intestins (une partie sera détruite par le suc gastrique), la majeure partie du THC administré par voie orale passe dans le sang avant d’atteindre le foie, où il est rapidement dégradé, sans pouvoir ni atteindre les sites de liaison spécifiques, comme les récepteurs aux cannabinoïdes sur les cellules nerveuses, ni agir effica-cement. Le sang qui irrigue l’estomac et l’intestin grêle transite d’abord par le foie avant d’atteindre le coeur, puis les autres organes. Ainsi, seulement environ 5 à 10 % du THC absorbé arrivent aux autres organes, ce qui signifie une biodisponibilité systémique de 5 à 10 % bien inférieure à celle du cannabis absorbé par voie respiratoire (15 à 25 %).

Le mode d’absorption habituel du Dronabinol est celui par voie orale, sous forme de gouttes ou de gélules. Une goutte, issue d’une solution huileuse de Dronabinol à 2,5 %, contient environ 0,83 mg de Dronabinol, trois gouttes environ 2,5 mg, et ainsi de suite. Les teneurs en Dronabinol des gélules disponibles existent en 2,5 mg, 5 mg et 10 mg.

Les produits naturels du cannabis peuvent être consommés, par exemple, sous forme de thé (infusion ou décoction avec ou sans matières grasses) ou des gâteaux. Il est également possible d’élaborer des teintures à base de cannabis, d’en manger mélangée à du yaourt ou de l’utiliser dans d’autres boissons chaudes, telles le cacao ou le bouillon. Avant de consommer ces produits naturels, il est conseillé de les chauffer ; les cannabinoïdes se présentent principalement sous la forme non-active d’acides carboxyliques, qui, grâce à l’action de la chaleur, se transforment en phénols actifs par décarboxylation.

Dans les feuilles de cannabis cultivé en Europe centrale, les cannabinoïdes se trouvent à plus de 90 % sous forme d’acides. Les effets sont modérés si elles sont consommées crues. Dans le haschich, en revanche, il est n’est pas rare de trouver la moitié des cannabinoïdes déjà transformés en phénols actifs. S’il est consommé cru ou mélangé à un yaourt, il peut avoir des effets très bénéfiques. Le haschich est produit différemment selon les coutumes et les pays. S’il est chauffé, il contiendra plus de THC phénolique.

Muffin contenant du THC

Muffin contenant du THC

Différentes possibilités s’offrent aux patients pour l’ingestion orale : gélules décarboxylées ou non, huiles culinaires (obtenues par macération de chanvre dans de l’huile de chanvre ou d’olive), beurre, gâteaux, muffins, biscuits, cookies, …).

Pour une efficacité optimale du traitement, il faut garder en tête que les cannabinoïdes ne sont solubles que dans le gras et l’alcool. De ce fait, les préparations d’infusions (100°C) restent le moyen le moins efficace pour extraire les composés actifs de la plante. Néanmoins ce mode de consommation peu convenir à certains besoins. Les cannabinoïdes « acides » doivent, pour être assimilés par le corps humain, passés par une étape de décarboxylation qui peut être réalisée thermiquement (élévation de température au delà de la température de vaporisation, THC : 170-180°C) ou par des enzymes (cinétique plus lente).

Voie sublinguale

D’importantes études ont été menées ces dernières années en Grande-Bretagne avec un produit dérivé du cannabis sous forme de spray. Ce produit s’appelle Sativex®. Il est disponible sur prescription médicale au Canada depuis 2005, essentiellement pour le traitement de la sclérose en plaques. Au moment de l’écriture de cet ouvrage (2009), la société qui produit ce médi-cament travaille à l’obtention d’autorisations de mise sur le marché dans plusieurs pays européens dans le cadre du traite-ment de la sclérose en plaques. La substance active est directement vaporisée dans la bouche du patient où elle est gardée quelques instants avant d’être avalée. Cette méthode permet notamment une meilleure absorption des cannabinoïdes par les muqueuses buccales. Il s’agit d’une absorption par voie sublinguale (du latin : sub = sous et lingua = langue). Ses avan-tages sont un effet beaucoup plus rapide que lorsque les produits sont administrés par voie orale (transitant par l’estomac et les intestins), et une réduction considérable des risques pour les muqueuses (contrairement au cannabis fumé). Chaque vaporisation contient une petite concentration de cannabinoïdes permettant au patient d’adapter facilement le dosage à ses besoins.

Autres modes d’absorption

Dans certaines études, le THC a été administré sous forme de suppositoires. Du fait que le sang qui circule dans le rectum ne passe pas directement dans le foie, mais est conduit dans la veine cave inférieure au coeur, la biodisponibilité systémique a pu être multipliée par deux dans certains cas, en comparaison du THC administré par voie orale. Certains consommateurs de cannabis m’ont raconté qu’ils avaient chauffé du cannabis dans du beurre de cacao pour former, une fois le mélange refroidi, des suppositoires. Leurs témoignages relatent des effets thérapeutiques bénéfiques de l’utilisation de ces suppositoires. Dans d’autres études, des cannabinoïdes ont été testés sous forme de collyres (traitement des glaucomes), de pansements appliqués sur la peau ou de perfusions. Néanmoins, aucune forme de ces médicaments à base de cannabinoïdes n’est disponible à ce jour.

Comment tester et définir le dosage approprié ?

La réaction au cannabis et au Dronabinol varie fortement d’une personne à l’autre. Pour cette raison, il est indispensable de rechercher individuellement le dosage approprié. Si possible, et afin d’éviter des effets secondaires indésirables, il est conseillé de tester les doses de façon progressive. On peut commencer, par exemple, avec deux fois 2,5 mg de THC par jour et augmenter les doses de 2,5 mg tous les deux, voire tous les trois jours. Chez des personnes très sensibles, ou chez des enfants, il est possible de commencer avec des doses encore plus faibles, par exemple deux gouttes d’une solution à base de Dronabinol, correspondant à 1,6 mg. Les doses moyennes efficaces varient entre 10 et 20 mg de THC par jour, bien que certaines personnes ne tolèrent qu’un dosage maximum de 5 mg par jour. En résumé, mieux vaut essayer progressivement.

Quant à la fréquence des prises, elle doit également être définie au cas par cas. Certains patients préfèreront prendre du Dronabinol en deux prises quotidiennes, matin et soir. D’autres préfèreront quatre prises à dosage faible, tandis que d’autres préfèreront une seule prise plus forte, le soir, pour traiter des troubles qui apparaissent pendant la nuit.
Le Dronabinol peut être consommé aussi bien à jeun qu’après un repas. Il semble néanmoins que l’effet soit plus important lors de prises à jeun, du fait que le transit par l’estomac dure moins longtemps et que le Dronabinol n’est pas dégradé trop rapidement par le suc gastrique. Puisque l’absorption du THC est fonction du mode de consommation et de l’état de remplissage de l’estomac, il est préférable d’utiliser le cannabis et le Dronabinol le plus souvent possible dans les mêmes conditions afin d’obtenir des effets réguliers et répétables.

S’agissant de prises de produits à base de cannabis non-autorisés, il est difficile de connaître la teneur en THC. Il faut donc commencer avec un dosage très faible afin de ne pas être surpris par de fortes réactions psychiques. Il est possible de commencer avec 0,05 ou 0,1 g de cannabis ou de haschich. Lorsque le cannabis est fumé, il est plus facile de déterminer le dosage que lorsqu’il est consommé par voie orale, car l’effet se produit plus rapidement. Le cannabis peut être inhalé en petites quantités, à l’aide d’un vaporisateur. Il suffit d’attendre quelques minutes pour que l’effet se produise. Si ce dernier est insuffisant, il est possible d’inhaler de nouveau une petite quantité. Lorsque le cannabis est consommé comme thé ou dans des gâteaux, il est indispensable d’effectuer une phase exploratoire plus longue en augmentant les doses de manière progressive. Par exemple, il faut faire chauffer 0,5 g de cannabis dans un demi-litre d’eau. Lors d’un premier essai, il est conseillé de ne boire, par exemple, que 50 ml de cette boisson. Si aucun effet ne se produit après plusieurs heures, il est possible de boire de nouveau 100 ml de la préparation. Généralement, la méthode qui consiste à rechercher le meilleur dosage se déroule de la même manière que quand le médecin prescrit du Dronabinol, c’est-à-dire un dosage faible au début qui est augmenté progressivement. Une enquête menée parmi les membres de l’Association pour le Cannabis Médical a révélé que les consommateurs de cannabis utilisaient des dosages compris entre 0,05 et 3 g de cannabis par jour.

Le dosage est fonction de la maladie, de la sensibilité de chaque individu par rapport aux effets secondaires ainsi que de la réaction à l’effet thérapeutique recherché. Certains effets secondaires indésirables, comme la fatigue ou la tachycardie, peuvent disparaître complètement au cours de la thérapie. Des médecins du service antidouleur de l’université de Cologne (Allemagne) ont rapporté le cas d’un patient paraplégique, souffrant de nombreuses douleurs. Un traitement de 5 mg de THC n’a provoqué aucun effet analgésique, seulement l’apparition de symptômes de fatigue. Après une augmentation du dosage à 10 mg de THC, l’intensité des douleurs a pu être réduite considérablement pour la première fois. Cet effet antidouleur s’est maintenu tout au long des dix mois d’observation du patient, tandis que l’effet secondaire (symptômes de fatigue) a disparu avec le temps.

Un patient âgé, souffrant de rhumatismes, m’a rapporté les expériences personnelles suivantes : « Des fleurs de cannabis macérées dans de l’huile de lin, mélangées par exemple à du fromage blanc (honnêtement, pas vraiment un délice), m’ont permis d’obtenir un faible soulagement supplémentaire. Le cannabis fumé (joint ou pipe à eau) n’a eu sur moi comme seul effet une forte quinte de toux accompagnée de maux de tête (il faut dire que je ne suis pas fumeur). Mais, il y a environ huit semaines, le pari du succès thérapeutique a pu être gagné grâce à du thé de cannabis (1 cuillère à café de fleurs de cannabis d’une teneur en THC d’environ 2 %) ajouté à une tisane épuratrice et antirhumatismale chauffée avec du sucre. Après avoir bu cette boisson pour la première fois, un sentiment de soulagement s’est fait ressentir au niveau de mes articulations. »

Le dosage peut varier et être adapté selon les jours et l’intensité des symptômes. Une patiente, qui pratique depuis longtemps l’automédication, m’a raconté au téléphone que « quand mes douleurs sont très intenses, je suis obligée d’augmenter les doses, quitte à subir l’effet secondaire qui me fait tourner la tête ». Néanmoins de plus grandes quantités ne sont pas toujours synonymes d’effets thérapeutiques plus importants. C’est du moins ce qu’a rapporté un patient souffrant de douleurs chroniques à la nuque à la suite d’un accident lui ayant causé une rupture des ligaments de l’épaule et une hernie discale au niveau des cervicales : « J’ai remarqué que le cannabis, à faible dosage, en-dessous du seuil des effets psychotropes, sous forme de joint ou de biscuits, a une action relaxante à long terme sur mes muscles au niveau de la nuque. En revanche, si j’augmente les doses, les douleurs reprennent ».

Que faire en cas de surdosage ?

En cas de surdosage accidentel, surtout chez des consom-mateurs de cannabis peu expérimentés, des crises d’angoisse peuvent se manifester pouvant s’intensifier jusqu’à provoquer des peurs paniques. Cependant, des manifestations de fortes peurs peuvent également se produire chez des consommateurs expérimentés. Souvent, en sentant l’angoisse monter, ces derniers savent qu’elle ne sera que passagère. La peur de mourir est une des caractéristiques possibles d’un surdosage de cannabis. Il peut être utile de se souvenir, à ce moment-là, qu’on ne peut pas mourir d’overdose au cannabis. Charles Baudelaire, membre du Club des Hachichins fondé à Paris en 1843, n’a pas caché dans ses célèbres écrits sa préférence pour les grandes quantités : « …gros comme une noix…vous pouvez avaler sans crainte ; on n’en meurt pas ». Baudelaire a en effet vécu des ivresses cannabiques qui duraient toute une journée, pendant lesquels des moments de bonheur absolu alternaient avec des phases de fortes peurs et d’anxiété.

Certains consommateurs récréatifs absorbent pendant les week-ends des quantités de cannabis parfois si importantes qu’elles provoquent des hallucinations et de l’ivresse durant deux jours. Dans ces cas là, les prises peuvent dépasser le dosage de 1, voire 2 g de haschich, c’est-à-dire jusqu’à 100 mg de THC ou plus en une seule prise.

Lors d’un surdosage de cannabis, il est essentiel de garder son calme ! Les peurs et les sensations de mal-être disparaissent en général en même temps que l’ivresse. Elles durent rarement très longtemps. Dans le cas contraire, mieux vaut consulter un médecin.

Si l’un de vos proches fait l’expérience d’un surdosage de cannabis, il faut le rassurer et lui parler pour le réconforter. On peut lui expliquer que l’effet diminuera tout seul avec le temps, qu’on restera auprès de lui le temps qu’il faudra et les effets psychiques désagréables disparaîtront bientôt. Si la personne concernée le souhaite, on peut lui proposer quelque chose à manger, à boire ou même lui administrer un sédatif. Un médecin peut éventuellement lui administrer comme calmant un benzodiazépine, par exemple 5 mg de diazépam par voie intraveineuse. L’accélération de la fréquence cardiaque peut être réduite par la prise d’un béta-bloquant, par exemple le propanolol par voie intraveineuse.

Interactions du cannabis avec d’autres médicaments

Dans de nombreux cas impliquant différentes maladies, le cannabis et le Dronabinol ont été utilisés en association avec d’autres médicaments sans que d’importantes manifestations d’interaction, ni d’intolérance ne se soient produites. Des études cliniques, datant du début du XIXème siècle, ont souvent démontré que l’association de préparations à base de cannabis avec d’autres médicaments augmentait le bénéfice théra-peutique des différentes substances administrées. Aujourd’hui, des concepts thérapeutiques innovants, qui associent le cannabis et le Dronabinol à d’autres médicaments, pourraient être bénéfiques pour traiter de nombreuses maladies.

Aujourd’hui, certaines interactions et leurs mécanismes sont bien connus. Par exemple, quelques interactions du cannabis avec d’autres médicaments ou drogues se basent simplement soit sur des effets similaires à ceux obtenus séparément par chacune des substances, soit sur la manière dont le cannabis, ou un autre médicament, est dégradé dans le foie. Il est également possible que l’association avec certains médicaments augmente les effets bénéfiques du cannabis, ou au contraire, que le cannabis renforce ou réduise l’effet bénéfique d’autres substances. De plus, certains effets particuliers peuvent être amplifiés ou réduits. Des chercheurs ont découvert que, chez des patients traités par chimiothérapie contre le cancer, l’association de Dronabinol avec un autre médicament anti-émétique (prochlorpérazine) empêchait davantage les nausées et les vomissements que chacun des médicaments pris séparément. Parallèlement, la prochlorpérazine a réduit les effets psychiques du Dronabinol (Lane, 1991).

De nombreux effets d’interaction sont volontairement recherchés. Ainsi, des opiacés (morphine) peuvent aisément être utilisés en même temps que le cannabis, car leurs effets analgésiques sont complémentaires. De plus le cannabis empêche les nausées qui sont parfois provoquées par les opiacés. Des médicaments qui relaxent les muscles, qui calment l’asthme ou qui réduisent la pression oculaire peuvent également être administrés en association avec le cannabis.

Les plus importantes interactions du cannabis et du Dronabinol avec d’autres substances :

  • meilleur effet calmant et somnifère de substances sédatives comme les somnifères, les antidépresseurs tricycliques, les opiacés et l’alcool grâce au THC.
  • réduction, par des beta-bloquants, de l’augmentation du rythme cardiaque provoqué par le THC.
  • augmentation mutuelle de l’effet analgésique des opiacés et du THC.
  • meilleur effet antidépresseur de certains médicaments inhibiteurs de recapture de sérotonine (fluoxétine) grâce à l’association avec le THC.
  • augmentation de l’effet antiépileptique des benzodiazé-pines par le THC.
  • réduction de la pression oculaire par l’association de certains médicaments utilisés dans le traitement des glaucomes avec certains cannabinoïdes.
  • possibilité de réduire l’action antipsychotique des neuroleptiques par le THC. Cependant, l’action de ces substances semble être plus efficace en cas de troubles de la motricité.

Les associations à éviter avec le cannabis et le Dronabinol :

Tout médicament susceptible d’augmenter le rythme cardiaque. Parmi eux, on notera les amphétamines, l’adrénaline, la cocaïne et l’atropine. L’effet accélérateur du pouls peut être amplifié et devenir gênant lorsque le dosage est relativement élevé. Dans le cas où aucun trouble cardiaque n’est diagnostiqué, les risques pour la santé liés à cette association restent généralement faibles. Cependant, il est déconseillé de trop solliciter le système cardiovasculaire.

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