Effets secondaires liés au cannabis

Le cannabis et le THC sont généralement bien tolérés comme le montre le classement des drogues du Rapport Roques. Aucun cas de décès n’a jamais été rapporté dans la littérature scientifique et médicale. Chez le rat, la dose médiane mortelle est comprise entre 800 et 1900 mg de THC/kg par voie orale (selon la variété). Dans des études sur des singes, aucun décès n’a été enregistré, même après l’administration de doses plus élevées de l’ordre de 9000 mg/kg de THC par voie orale.

Tous les effets secondaires observés dépendent de la dose administrée et de l’individu. Pour les patients qui n’ont jamais pris de cannabis médical, il est conseillé de commencer avec des petites doses, en augmentant progressivement, de façon à déterminer la dose individuelle et pour éviter les effets indésirables.

Les effets thérapeutiques du cannabis ne sont pas ciblés mais affecte l’ensemble de l’organisme. Cela signifie que l’effet recherché dans un cas, peut être considéré comme étant indésirable dans un autre cas. Par exemple, une personne qui recherche uniquement l’effet relaxant sur les muscles, sans vouloir prendre du poids, peut ressentir l’effet stimulateur sur l’appétit comme un effet secondaire. Dans d’autres cas, les propriétés sédatives ou modificatrices de l’humeur peuvent également représenter des effets indésirables. C’est ce qui se produit souvent lorsque des doses élevées de cannabis sont nécessaires pour obtenir les effets thérapeutiques recherchés. Il devient alors indispensable d’évaluer chaque dosage individuellement, au moyen d’essais, afin de définir le compromis le mieux adapté pour le patient.

« Le cannabis n’est pas une substance entièrement bénigne. C’est un médicament puissant qui offre un large spectre d’effets. Cependant, à l’exception des effets négatifs associés aux produits de combustion, les effets secondaires indésirables du cannabis restent comparables aux effets tolérés d’autres médicaments », a déclaré en 1999 l’Institut de Médecine des États-Unis sur le potentiel des effets secondaires du cannabis. Cet avis est aujourd’hui largement partagé et explique que le cannabis n’est effectivement ni très dangereux, ni complètement inoffensif pour la santé.

Le principal avantage d’un traitement à base de cannabis est sa grande sécurité. Selon des estimations issues de tests sur animaux, le rapport dose létale/dose thérapeutique par voie orale est de 20 000/1 et au minimum 1000/1. Néanmoins, le cannabis est déconseillé chez des personnes souffrant de troubles cardiaques, à cause de son action sur le système cardio-vasculaire qui peut provoquer une accélération du rythme cardiaque ou une baisse de la tension artérielle. Si ces personnes désirent utiliser les produits issus du cannabis, il est indispensable qu’elles prennent toutes les précautions nécessaires et qu’elles commencent le traitement à un dosage très faible en ne l’augmentant ensuite que progressivement afin d’éviter au maximum d’éventuels effets secondaires indésirables.

Le cannabis offre l’avantage de ne pas troubler le fonctionnement physiologique de l’organisme et de ne pas léser les organes internes, à condition que le dosage soit modéré. Une personne qui ne manifeste pas immédiatement une intolérance aux produits issus du cannabis ne court aucun risque de santé même lors d’un traitement sur plusieurs années.

Risques liés au cannabis

Le niveau de tolérance au cannabis à long terme est démontré ici au moyen d’un exemple issu de d’expéri-mentations sur des animaux. Au début des années quatre-vingt-dix, des scientifiques américains ont conduit des tests sur des rats. Pendant deux années, les animaux ont reçu quoti-diennement 50 mg de THC par kg de masse corporelle, ce qui correspond à un dosage très élevé (équivalent à 3500 mg de THC par jour pour une personne de 70 kg). À la fin des tests, la durée de vie était considérablement plus élevé chez les animaux traités avec du THC (taux de survie de 70 %) que chez les animaux non traités (45 %). Le taux de survie plus élevé des animaux traités au THC a surtout été expliqué par un plus faible taux de cancers. Cette étude a été le point de départ des premières recherches sur les propriétés anti-cancérigènes des cannabinoïdes.

Dans des études épidémiologiques chez l’homme, aucune relation entre une importante consommation de cannabis et un taux de mortalité plus élevé n’a pu être mise en évidence à ce jour. Cela signifie que les gros consommateurs de cannabis présentent la même espérance de vie que les non consom-mateurs.
Entre 1999 et 2001, l’Association allemande pour le Cannabis Médical a mené auprès d’utilisateurs deux enquêtes sur les effets secondaires des traitements à base de Dronabinol ou de produits naturels de cannabis auprès d’utilisateurs. 70 % (75 % en 2001) des patients interrogés ont déclaré n’avoir observé aucun effet secondaire, 20 % (25 % en 2001) ont parlé d’effets secondaires moyens et 1 % (3 % en 2001) d’effets secondaires importants. Quant à la question sur l’intensité du syndrome de sevrage, les résultats de l’enquête sont pratiquement similaires.

Effets secondaires aigus

Les effets secondaires aigus du cannabis concernent principalement le psychisme et les facultés intellectuelles des personnes. Quant aux effets physiques aigus, ils touchent surtout le système cardio-vasculaire.

Effets psychoactifs

Les consommateurs de cannabis récréatifs, en bonne santé, recherchent en premier lieu des effets psychoactifs agréables. Les effets psychotropes du cannabis sont généralement décrits comme des expériences relaxantes accompagnées d’une légère euphorie (high), de bien-être, d’un état proche de celui du rêve, de modifications de la perception temporelle avec l’impression que le temps dure plus longtemps, d’associations d’idées parfois associées à des troubles de la mémoire à court terme et de perceptions sensorielles accrues. Or, surtout suite à un dosage élevé de cannabis, il n’est pas rare que des effets désagréables se produisent, tels que des peurs et de l’anxiété pouvant parfois provoquer des crises de panique. Des phases de grand bien-être peuvent succéder à des phases de fort mal-être. Certains con-sommateurs témoignent d’effets de fatigue et de sommeil, tandis que d’autres rapportent des effets stimulants.

Le cannabis et le THC provoquent des troubles de la mémoire, de l’attention, de la réactivité, de la motricité fine et de la coordination locomotrice, diminuant ainsi considérablement la capacité d’effectuer un travail physique complexe, comme conduire un véhicule ou effectuer des tâches nécessitant un important effort intellectuel.

Effets secondaires physiques

Parmi les possibles effets secondaires physiques aigus figurent la réduction de la salivation accompagnée de sensations de bouche et de gorge sèches, l’accélération du rythme cardiaque, le rougissement des yeux et la baisse de la tension artérielle en position debout. Cette dernière peut également provoquer des sensations de vertige pouvant être réduites en s’allongeant. L’accélération du rythme cardiaque et la baisse de la tension artérielle peuvent représenter des effets dangereux pour des personnes souffrant de troubles cardiaques graves. Une attention toute particulière doit être apportée à ces personnes si elles consomment du cannabis.

La plupart des patients qui utilisent du cannabis ne ressentent pas, ou peu, l’effet sur la circulation sanguine car les dosages utilisés habituellement pour les applications thérapeutiques ne modifient que très légèrement la tension artérielle et le pouls. De plus, l’organisme s’adapte rapidement et crée généralement un phénomène de tolérance aux effets cardio-vasculaires en quelques jours seulement. Ainsi, en cas d’usage régulier, il est possible d’observer un rythme cardiaque plutôt lent. Les apparitions de céphalées, de nausées ou de vomissements sont très rares.

Effets secondaires à long terme

De nombreux effets sur le système immunitaire, les hormones, les voies respiratoires, le psychisme et la faculté de penser ont déjà été décrits. Des effets nocifs sur les voies respiratoires apparaissent uniquement si des cigarettes de cannabis sont fumées. Les effets indésirables sur le système immunitaire et hormonal sont minimes.

Risques associés à la fumée de combustion

Le risque majeur d’apparition d’éventuels troubles chro-niques n’est pas lié au cannabis en lui même, mais à la manière dont il est consommé de nos jours, sous forme de cigarettes appelées joints. Les produits de combustion qui résultent du matériel végétal brûlé, qu’il s’agisse de tabac ou de cannabis, sont susceptibles d’endommager les muqueuses. C’est ainsi qu’une toux chronique, voire un cancer, peut se développer. Au cours du XIXe siècle, l’utilisation médicale du cannabis, de même que son usage récréatif, consistait principalement en une absorption par voie orale, sous forme de teinture par exemple. Lorsqu’on veut évaluer les risques du cannabis pour la santé, il est essentiel de faire la différence entre les composants végétaux et leurs produits de combustion. Bien qu’à ce jour les conséquences de la consommation de cannabis fumé sur la santé ne soient pas suffisamment connues, il faut considérer que la fumée de cannabis est aussi nocive pour la santé que celle du tabac.

Selon la méthode utilisée par le consommateur (avec ou sans filtre, en gardant la fumée plus ou moins longtemps dans les poumons), une cigarette de cannabis équivaudrait à quatre cigarettes de tabac. Un grand consommateur de cannabis, qui fume tous les jours cinq joints, est alors exposé aux mêmes risques pour la santé que le consommateur de tabac qui fume un paquet de cigarettes par jour. Néanmoins, jusqu’à aujourd’hui aucune étude ne démontre que le cannabis fumé augmente le risque de cancer. En 2005, la plus vaste étude jamais réalisée a porté sur 611 patients atteints d’un cancer du poumon, 601 atteints d’un cancer de la tête ou du cou, et 1040 volontaires en bonne santé. Les résultats n’indiquent pas d’augmentation du risque de cancer du poumon après un usage prolongé de cannabis.

Le Dr Donald Tashkin de l’université de Californie, Los Angeles, a déclaré au magazine Scientific American : « Nous pensions trouver chez les gros usagés de cannabis, ayant consommé entre 500 et 1000 joints, une augmentation du risque de cancer réduisant leur espérance de vie de quelques années à plusieurs dizaines d’années ». Les scientifiques ont noté que même les personnes qui avaient fumé plus de 20 000 cigarettes de cannabis dans leur vie ne présentaient pas d’augmentation de risque de développer un cancer du poumon (Hashibe, 2006).

Psychisme et facultés intellectuelles

Des études très précises montrent que le cannabis peut déclencher une schizophrénie, ou psychose schizophrénique, chez des personnes prédisposées à ce type de trouble. Elles suggèrent également que les adolescents sont plus particulièrement concernés. La consommation de cannabis peut aggraver l’évolution de la schizophrénie.

En parallèle, il faut également évaluer dans quelle mesure un certain nombre de troubles psychologiques comme la dépression, la peur, l’apathie et le repli sur soi, présents chez des consommateurs réguliers de cannabis, représentent des conséquences de leur consommation , des symptômes concomi-tants à d’autres troubles, ou plutôt une forme d’automédication.
Des résultats issus de recherches dans le domaine de la neuropsychologie ont fourni des indications sur les personnes consommant du cannabis de manière intensive et régulière et qui, en fonction de la durée ou de l’intensité de la consom-mation, présenteraient de légers troubles de la mémoire, de l’attention et de la faculté d’organiser des informations complexes. Plusieurs études ont révélé qu’après trois à quatre semaines d’arrêt de cannabis, les facultés intellectuelles redevenaient normales. En revanche il peut en être différemment chez les enfants et les adolescents pour qui les effets du cannabis peuvent durer plus longtemps.

Développement d’une tolérance

Le développement d’une tolérance a été observé et décrit pour l’ensemble des effets du cannabis, incluant les effets physiques comme la tachycardie, psychiques et thérapeutiques. Le développement d’une tolérance signifie une baisse de l’intensité des effets d’une substance lorsque son dosage reste inchangé dans la durée. C’est donc la réponse du système nerveux autonome qui se trouve modifiée : accélération du processus de dégradation des cannabinoïdes, augmentation du seuil de stimulation des récepteurs cannabinoïdes et, parallè-lement, diminution du nombre de récepteurs aux cannabinoïdes. Dans un contexte de consommation prolongée de cannabis, il est question de neuro-adaptation, c’est-à-dire d’une adaptation du système nerveux aux nouvelles conditions.
Toutes ces modifications sont entièrement réversibles une fois que la consommation de cannabis est arrêtée. En quelques semaines, l’organisme se réadapte aux nouvelles conditions et rétablit l’état initial avec un nouvel équilibre. Avec certains médicaments, comme les somnifères, il existe une tolérance croisée partielle. Cela signifie que le développement d’une tolérance à une substance se produit partiellement à cause d’une autre substance. Cela est valable pour de nombreux produits, comme l’alcool et les benzodiazépines. En revanche, cette tolérance n’existe pas pour les amphétamines, ni pour les opiacés, ni les hallucinogènes comme le LSD ou la mescaline.
Le développement d’une tolérance pour le cannabis est relativement faible. Celle-ci est fonction du dosage et de la durée de la consommation. Dans le cas de nombreux usages thérapeutiques, par exemple la relaxation des muscles ou l’effet stimulateur de l’appétit, où des dosages faibles sont suffisants, il n’y a quasiment pas de développement d’une tolérance, même après plusieurs mois de traitement.
Lors d’une enquête menée par l’Association pour le Cannabis Médical auprès d’utilisateurs de Dronabinol ou d’autres produits issus du cannabis à des fins thérapeutiques, 76,9 % des personnes interrogées ont déclaré ne pas avoir modifié le dosage de leur traitement au cours des trois mois précédents l’enquête, 15,4% de l’avoir réduit et 3,5% de l’avoir augmenté.

Accoutumance

Le risque d’accoutumance au cannabis est faible. Néan-moins, après une consommation prolongée, des syndromes de sevrage sous forme de troubles du sommeil, de rêves, de sudation excessive et d’irritabilité d’origine nerveuse peuvent apparaître pendant quelques jours. Une dépendance psychique est possible si la personnalité du consommateur montre une fragilité à ce sujet.

En matière de propriétés psychotropes du cannabis, les effets recherchés par les consommateurs concernent principalement une satisfaction précise ou une perception plus large à un moment donné.
Concernant l’usage de cannabis à des fins médicales, les risques de dépendance psychique sont faibles. Les modifications du psychisme, le recul face à la souffrance et à la douleur, le sentiment de bonheur, même obtenu artificiellement, sont des facteurs qui permettent aux personnes atteintes de maladies graves de reprendre des forces et donner à nouveau un sens à leur vie.

Globalement, même si le cannabis est consommé pour ses effets psychotropes, le nombre de personnes qui risquent d’importants problèmes d’accoutumance est peu élevé. À la demande du ministère fédéral allemand de Santé publique, le professeur Dieter Kleiber et al. de Berlin, a conduit en 1997 une étude sur les risques d’accoutumance au cannabis. Parmi les 1458 consommateurs de cannabis de l’étude, testés sur la manière et la fréquence de leurs prises, seulement 2 à 10 % des consom-mateurs ont été considérés comme étant dépendants du cannabis. De plus, si les personnes consommaient en plus d’autres drogues, le taux d’accoutumance augmentait alors considérablement. La durée de la consommation n’a pas joué un rôle significatif par rapport à la probabilité de réussite du sevrage lors d’un arrêt du cannabis. Cela signifie donc que le risque d’accoutumance n’est pas fonction de la durée de la consommation.
Effet rebond

En médecine, l’effet rebond (nom anglais : rebound effect) signifie l’intensification des symptômes après l’arrêt d’un médicament. La plupart des médicaments qui agissent sur le système nerveux central provoquent des effets rebond. Par exemple, il est fréquent qu’après l’arrêt de somnifères, les insomnies deviennent plus importantes pendant quelques jours ou qu’après l’arrêt d’un médicament pour calmer les peurs, celles-ci s’intensifient de nouveau.

Les phénomènes de rebond sont également connus du cannabis. Par exemple, le cannabis baisse la pression oculaire. Dans le cas de gros consommateurs de cannabis qui arrêtent leur consom-mation, il est possible qu’ils observent les jours suivant une légère augmentation de cette pression, qui, au bout de quelques temps, redevient normale. Après l’arrêt de cannabis, il est également possible que la spasticité, alors traitée avec succès, réapparaisse.

Les effets rebonds sont comparables aux effets de tolérance et tout comme ces derniers sont fonction du dosage. En cas de consommation importante et prolongée de cannabis, les risques de voir apparaître des phénomènes de rebond sont, par conséquent, plus élevés.

Système immunitaire

Des recherches menées sur des cellules en culture, ainsi que sur des animaux ont révélé que le THC influence le système immunitaire de plusieurs façons. Chez l’homme, même en cas d’importante consommation de cannabis, cette influence reste faible posant une fois de plus la question du niveau de risque réel sur la santé. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a résumé en 1997 les effets des cannabinoïdes sur le système immunitaire de la manière suivante : « Nombreux de ces effets semblent être relativement faibles et totalement réversibles après disparition des cannabinoïdes. Ils sont uniquement provoqués par une consommation à des concentrations et des dosages plus élevés que nécessaires pour obtenir les effets thérapeutiques ».

Vu l’importance des effets immunosuppresseurs du THC, des conséquences aggravantes seraient à attendre sur l’évolution des infections virales comme le VIH (sida) ou d’autres maladies infectieuses. Or ce n’est pas le cas. En revanche, il est possible que certains effets puissent avoir une utilité clinique pour des personnes souffrant d’immuno-déficience. Il semble que l’effet immunosuppresseur du THC soit plus marqué dans les cas d’inflammations chroniques au cours desquelles le système immunitaire est déjà fortement stimulé. Cet effet peut être intéressant en vue d’applications thérapeutiques du THC.

Système hormonal et fertilité

Des tests sur animaux ont révélé l’effet du cannabis et du THC sur un grand nombre de processus hormonaux, sur la production de nombreuses hormones comme les hormones sexuelles ainsi que sur le métabolisme du sucre. Quelques études, conduites auprès de consommatrices de cannabis, ont indiqué une légère perturbation du cycle des règles, d’autres études ont révélé le contraire. Dans le cas de consommation importante de THC chez la femme, des effets passagers et généralement faibles sur certaines hormones (prolactine, hormone lutéinisante) ont été constatés, tandis que sur d’autres hormones (hormone folliculostimuline, progestérone, oestro-gène) l’effet a été inexistant. Chez l’homme, à la suite d’une consommation plus importante de THC, aucun effet significatif sur les taux hormonaux n’a été observé. Même à un dosage élevé, le développement d’une tolérance s’est produit contre les effets du THC sur les hormones. C’est la raison pour laquelle les femmes et les hommes qui consomment régulièrement du cannabis présentent des taux hormonaux pratiquement normaux qui varient peu avec les prises de cannabis.

Dans des essais sur animaux, à la suite d’une prise élevée de THC, une légère baisse de la qualité du sperme a été constatée. Lors d’une autre étude, menée auprès de participants volontaires ayant fumé entre huit et dix cigarettes de cannabis par jour pendant plusieurs semaines, une légère diminution du nombre de spermatozoïdes a été observée sans pour autant modifier ni leur fonction, ni le taux de spermatozoïdes anormaux.

À ce jour, aucune indication ne prouve que le cannabis, ou le THC, puisse troubler la fertilité chez la femme ou chez l’homme.

Dans une étude menée en Inde, 150 hommes mariés, ayant commencé à consommer du cannabis soit avant, soit peu après leur mariage, ont été comparés au même nombre de consom-mateurs d’opium et de non-consommateurs de drogues. Voici le résultat du nombre d’hommes restés sans enfants : 1 % chez les non-consommateurs, 2 % chez les consommateurs de cannabis et 10 % chez les consommateurs d’opium. De manière significative, la stérilité, avec un taux de 0,4 %, était plus faible chez les consommateurs de bhangs (feuilles de cannabis), consommant en moyenne 150 mg de THC par jour (ce qui représente une dose relativement élevée) que chez les non-consommateurs de drogues. En revanche, elle était de 5,7 % chez les consommateurs de ganja et de charas (sommités fleuries et résine), consommant en moyenne 300 mg de THC par jour.

Un autre groupe de chercheurs a étudié les effets du cannabis sur la fertilité féminine. Selon eux, le nombre de consom-matrices de cannabis stériles était légèrement plus élevé que celui des non-consommatrices. Or le risque était plus élevé seulement chez des consommatrices occasionnelles et non pas chez les grandes consommatrices. Dans une étude complémentaire, 2817 femmes ont été suivies à partir du moment où elle exprimait leur désir d’avoir un enfant jusqu’au moment où elles étaient enceintes. Les premières à être enceintes étaient les consommatrices régulières de cannabis, en moyenne après 3,7 mois. Chez les femmes qui ne consommaient aucune drogue, la durée moyenne était de 4,3 mois et chez les fumeuses de tabac de 5,1 mois.

Grossesse

Plusieurs études menées à ce jour auprès d’enfants dont les mères ont consommé du cannabis pendant la grossesse, ont révélé l’absence de risque de malformations chez les nouveau-nés liées à la consommation de cannabis. Tout au plus, quelques études ont démontré que les nouveau-nés de mères consom-matrices de cannabis pesaient un peu moins lourd à la naissance. D’autres études ont révélé le contraire. Il faudrait en réalité se poser la question de la pertinence d’une différence de poids de 50 à 100 g à la naissance.
De légers troubles du développement du cerveau, accompagnés de troubles de la faculté intellectuelle chez les enfants de mères consommatrices de cannabis ont fait l’objet de publications. Dans ce domaine, l’opinion des chercheurs est très divisée. Les uns sont persuadés d’un effet nocif, tandis que d’autres pensent qu’aucun effet nocif important ne peut être directement attribué au cannabis. Toutefois, il semble que les troubles intellectuels associés au cannabis ne se manifestent que lorsque les enfants sont scolarisés. Quant aux effets nocifs causés par la consom-mation de cannabis pendant la grossesse, ils sont sans doute moins graves que ceux causés par la consommation d’alcool et de tabac.

Effets secondaires du statut d’illégalité

Dans la plupart des pays, les produits naturels issus du cannabis sont considérés comme des substances illicites. Très souvent, d’un point de vue législatif, aucune distinction n’est faite entre la consommation récréative et l’utilisation théra-peutique, bien qu’au cours des dernières années, de véritables changements positifs aient commencé à s’amorcer.

Les principaux effets indésirables associés à l’utilisation médicale du cannabis sont aujourd’hui à ramener sur le plan juridique, c’est-à-dire vers l’illégalité de toute consommation de cannabis. Les cas se sont répétés où la justice n’a interprété l’utilisation médicale du cannabis que comme un prétexte pour un usage à des fins récréatives, créant ainsi de sérieux problèmes juridiques aux patients concernés.
Or, les problèmes ne portent pas uniquement sur les problèmes juridiques associés aux délits, mais également sur la dangerosité pour la santé des produits achetés sur le marché noir, sur l’impossibilité de doser correctement la substance afin d’obtenir l’effet médical recherché ainsi que sur le manque de recherche sur le potentiel thérapeutique du cannabis.

Le cannabis et le haschich, achetés sur le marché noir, présentent des concentrations de THC très variables. C’est la raison pour laquelle le consommateur maîtrise difficilement le dosage des produits consommés. Il n’est donc pas rare que des patients consomment involontairement des doses provoquant d’importants effets psychoactifs, tandis qu’au départ, seul l’effet relaxant des muscles était recherché, effet que l’on sait obtenu à un dosage en dessous du seuil psychotrope. Au XIXe siècle, les médecins évoquaient déjà le problème du dosage. Aujourd’hui, il est facile d’écarter cette difficulté grâce aux produits à base de cannabis à teneurs en Dronabinol (THC) standardisées.

Comparaison entre le cannabis et les autres drogues

Diverses études ont tenté de comparer les risques liés aux drogues les plus consommées, qu’elles soient légales ou illégales. Une grande attention a été portée au fameux rapport Roques, réalisé en 1998 par le professeur Roques et ses collaborateurs à la demande du ministère français de la Santé et à une étude préparée en vue du dernier rapport de l’OMS, conduite sous la direction du professeur australien Wayne Hall, et dont l’ouvrage a été publié en 1999. Les deux rapports sont arrivés aux mêmes conclusions. Parmi les drogues les plus communément consommées, le cannabis, même à fortes doses, comporte moins de risques pour la santé que les autres drogues

Selon Hall et all., toutes les drogues testées peuvent d’une certaine manière conduire à une accoutumance. Dans le cas des personnes qui ne consomment que du cannabis, les risques majeurs pour la santé restent faibles, exceptées peut-être pour les personnes qui consomment du cannabis quoti-diennement pendant plusieurs années. Les risques associés sont alors le développement du syndrome d’accoutumance, la bronchite chronique ainsi que le risque d’être impliqué dans un accident de la circulation si un véhicule est conduit sous l’influence d’une consommation exagérée. Ce dernier risque concerne aussi les consommateurs occasionnels de cannabis.

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